TND : quand l’aménagement du travail révèle les potentialités
- annecahn
- 22 déc. 2025
- 4 min de lecture
Et si les difficultés rencontrées par certaines personnes au travail n’étaient pas d’abord liées à leurs compétences, mais à un environnement inadapté à leur fonctionnement cognitif ?
Les troubles du neurodéveloppement (TND) – TDA/H, troubles du spectre de l’autisme (TSA), troubles dits « dys » – concernent une part significative de la population active. Pourtant, en entreprise, ils restent souvent abordés sous l’angle du déficit, de la compensation ou de la contrainte réglementaire.
Une approche QVCT invite à changer de regard : lorsque le travail est aménagé de façon pertinente, ce sont les potentialités qui émergent. Les aménagements de poste et des conditions de travail deviennent alors des leviers de performance durable, d’engagement au-delà de l'inclusion.
Voici un tour d’horizon des aménagements possibles par type de TND, avec une intention claire : adapter l’environnement de travail pour permettre à chacun d’exprimer pleinement ses compétences.
Changer de paradigme : de l’adaptation de la personne à l’adaptation du travail
L’un des écueils fréquents en entreprise consiste à attendre des personnes avec un TND qu’elles « fassent des efforts » pour se conformer à un cadre standardisé.
Or, les TND sont des fonctionnements cognitifs durables, et non des manques de volonté ou de professionnalisme.
L’aménagement du travail repose sur quelques principes fondamentaux :
partir des besoins fonctionnels, et non du diagnostic seul,
co-construire les solutions avec la personne concernée,
agir sur l’organisation, le management et l’environnement,
considérer les aménagements comme des outils de prévention QVCT.
Dans de nombreux cas, ces ajustements bénéficient à l’ensemble des équipes, dans une logique de conception universelle.

TDA/H : canaliser l’énergie, soutenir l’attention, libérer la créativité
Fonctionnement et enjeux au travail
Les personnes avec un TDA/H peuvent rencontrer des difficultés liées à l’attention soutenue, à la gestion du temps, aux priorités ou à l’impulsivité.
En parallèle, elles disposent souvent de ressources précieuses : créativité, pensée rapide, capacité d’adaptation, engagement intense sur les sujets porteurs de sens.
L’enjeu est de créer un cadre qui les rende exploitables et soutenables.
Aménagements qui révèlent les potentialités
Organisation et priorisation
Objectifs clairs, explicités et hiérarchisés.
Découpage des missions complexes en étapes courtes.
Jalons intermédiaires et feedbacks réguliers.
Gestion du temps et de l’énergie
Flexibilité horaire lorsque possible.
Autorisation de pauses régulières pour relancer l’attention.
Travail par cycles courts ou en mode « sprint ».
Environnement de travail
Réduction des sources de distraction (espace calme, casque anti-bruit).
Télétravail partiel selon les besoins.
Ces ajustements permettent souvent une meilleure concentration, une créativité accrue et une efficacité renforcée.
TSA : sécuriser le cadre pour permettre l’expertise et la fiabilité
Fonctionnement et enjeux au travail
Les personnes autistes peuvent rencontrer des difficultés dans la communication implicite, la gestion de l’imprévu ou les environnements sensoriellement chargés. En contrepartie, elles apportent fréquemment rigueur, précision, fiabilité, expertise technique et sens du détail.
L’aménagement du travail vise ici à réduire l’incertitude et les surcharges pour laisser place aux compétences.
Aménagements qui révèlent les potentialités
Communication et attentes professionnelles
Consignes explicites, concrètes et idéalement écrites.
Limitation des sous-entendus et des injonctions contradictoires.
Clarification des rôles et responsabilités.
Organisation du travail
Routines stables et prévisibles.
Processus et modes opératoires formalisés.
Anticipation et annonce des changements.
Environnement sensoriel
Ajustement de l’éclairage, du bruit, de l’espace.
Bureau individuel ou zone calme.
Télétravail lorsque compatible avec le poste.
Un cadre sécurisant permet aux personnes avec un TSA d’exprimer pleinement leur expertise, leur fiabilité et leur engagement professionnel.
Troubles « dys » : alléger la charge cognitive pour accéder aux compétences
Les troubles dits dys affectent des fonctions spécifiques (lecture, écriture, calcul, coordination, langage), sans lien avec l’intelligence. L’enjeu central en milieu professionnel est la fatigue cognitive, souvent invisible.
Dyslexie et dysorthographie
Aménagements clés
Documents aérés, police lisible, mise en page claire.
Outils de synthèse vocale et de dictée vocale.
Temps supplémentaire pour la lecture et la rédaction.
Évaluation centrée sur le fond plutôt que sur l’orthographe.
Dysgraphie
Aménagements clés
Priorité à l’outil informatique.
Limitation de l’écriture manuscrite.
Supports écrits transmis en amont des réunions.
Dyspraxie
Aménagements clés
Ergonomie du poste de travail (clavier, souris, double écran).
Simplification des gestes techniques.
Temps supplémentaire pour certaines tâches.
Dysphasie
Aménagements clés
Consignes reformulées par écrit.
Temps de préparation avant les prises de parole.
Réunions structurées, avec ordre du jour clair.
Dyscalculie
Aménagements clés
Outils de calcul systématiques.
Automatisation des tableaux et procédures.
Vérification croisée des données.
Ces aménagements permettent de réduire la surcharge cognitive et de rendre accessibles les compétences réelles de la personne.
Les apports complémentaires de la QVCT, du coaching et de la sophrologie
Les aménagements techniques et organisationnels sont essentiels, mais rarement suffisants seuls. Ils gagnent en efficacité lorsqu’ils s’inscrivent dans une démarche globale :
la QVCT, pour ajuster durablement les conditions de travail,
le coaching, pour développer des stratégies personnalisées (organisation, communication, affirmation de soi),
la sophrologie, pour soutenir la régulation du stress, la récupération et la conscience des ressources.
Cette approche intégrative permet un accompagnement respectueux des singularités et orienté vers l’autonomie.
Aménager le travail pour les personnes avec un TND, ce n’est pas compenser une faiblesse, c’est créer les conditions dans lesquelles les potentialités peuvent s’exprimer.
Dans une démarche QVCT, ces aménagements participent à la prévention des risques psychosociaux, à l’inclusion durable et à la performance collective. Ils invitent à repenser le travail comme un espace capable de s’adapter à la diversité des fonctionnements humains.
Changer l’environnement, c’est souvent révéler des talents jusque-là empêchés.
👉 N'hésitez pas à me contacter pour échanger sur vos enjeux.




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